localisation: France
solution: "turn-ower"
origine de la solution: dans ma tête !
Avec le développement de l'assistanat, on ignore de plus en plus ces métiers discrets, apparemment fastidieux, ingrats, mais néanmoins indispensables. Par exemple : plombier, serrurier, éboueur, ouvrier d'une station d'épuration... Les gens ont tendance à mépriser ce type de métier, qu'ils jugent peut-être réservés aux plus "bêtes", aux plus "défavorisés". De la part de ces gens, on ressent autant de mépris pour celui qui travaille dans une grande surface que pour celle qui travaille dans un restaurant. A partir du moment où quelqu'un est au service d'un autre, il y a une inégalité, et peut-être abus de pouvoir : on ne les servira jamais assez bien.
A l'opposé il y a des emplois qui demandent beaucoup plus d'années d'études, plus difficiles, et c'est en général vers ceux-là que se tournent les gens. Qui ont les moyens. Médecin, informaticien, scientifique. Et bien souvent, les gens sont orientés dans ces branches pour le seul prestige qu'elles apportent, pour la fierté des parents, pour le revenu substantiel qu'elles procurent.
Une façon à la fois de combattre la routine, le métro-boulot-dodo, la mentalité d'assisté, les préjugés, l'ignorance des gens, de leur éveiller leur soif de connaissance du monde serait ce système que l'on pourrait appeler le turn-ower. Il permettrait à chaque individu, de façon régulière, de changer complètement de métier et de situation. Evidemment, il s'agirait d'emplois proposés dans la région de cet individu, pour éviter un déménagement. Il s'agirait de périodes relativement longues, pour lui permettre de "faire le tour" de chaque métier. Il s'agirait, enfin, de confier cette responsabilité à une autorité, pour toujours garantir un poste à l'individu, sans que le chômage ne pointe son ombre (un système, en somme, plus renforcé que celui de l'ANPE). Ce système ne pourrait s'appliquer qu'à tous ces gens qui n'aurait pas trouver le métier pour lequel il aurait le plus d'affinité.
Cela garantirait à la fin que dans chaque métier, tous les acteurs seraient des gens sérieux, impliqués, passionnés parfois. Un médecin qui ne prendrait pas ses patients pour des produits à la chaîne, un plombier qui ne considérerait pas chaque intervention comme un revenu de plus, avant tout, ou encore un artiste qui ne créerait pas juste pour gagner de l'argent.
Ainsi, chaque personne intégrant la vie active, qui n'aurait pas encore trouvé sa voie, entrerait dans ce cercle du turn-ower. Afin qu'il trouve plus rapidement sa vocation, le choix des métiers pourrait lui être laissé. Le système devrait, pour une efficacité optimale, proposer le maximum de métier, tous types de revenus confondus : pour les postes nécessitant beaucoup d'années d'études, un simple rôle d'"assistant" ou de "stagiaire" serait proposé.
De même, pour les acteurs de la société déjà en place, ayant trouvé leur situation non pas par passion mais pour d'autres raisons, il pourraient aussi intégrer le turn-ower, le temps qu'ils souhaiteraient.
Si un homme décide qu'il a trouvé sa voie, le système lui proposerait de passer devant une commission qui saurait faire la distinction entre un individu motivé par une passion nouvelle, ou par l'appât du gain que le métier pourrait lui procurer.
Dans tous les cas, le turn-ower développerait une société où, à la fin de leur vie, certains seraient passés par nombre de corps de métiers, et donc auraient une expérience énorme, et d'autres se seraient cantonnés dans un rôle plus spécifique, mais passionnés par ce rôle.
Il existe déjà de façon officieuse : ces chômeurs et ces jeunes qui passent de cdd en cdd, qui regardent les petites annonces, qui découvrent plusieurs corps de métiers avant de se poser. Il existe, mais il n'est pas obligatoire. C'est là toute la différence.

