La fillette a trois ans. Mais elle est une Barbie, conventionnée, toujours plus perfectionnée, en concurrence avec ses propres amies, impatiente de rentrer en scène.
A qui la faute? A elle? Inconcevable. Elles ne donnent l'image que l'on veut bien qu'elles donnent. C'est qui, on? L'entourage. Les parents. La famille. Les opportunités qu'offre la société, trop faciles à saisir...
Jusqu'à 2000 dollars d'achats rien que pour embellir la demoiselle. Parlerait-on d'un phénomène de société? Au départ, il y a les phénomènes de mode, les élections habituelles des miss monde et univers. Puis il y a les filles qui rêvent de devenir miss à la place des miss, qui n'y arriveront jamais; elles grandissent, ternissent, cachent bien leur désir tout au fond d'elles-mêmes; le jour où elles ont un enfant, c'est une révélation! C'est la petite dernière qui va se charger de devenir ce que la mère n'a pas pu être. Elle devra faire attention à ce qu'elle mange, fera attention à son sourire, à sa peau, à ses vêtements et ne fréquentera pas n'importe qui.
On pense à soi-même avant de penser à l'enfant. S'il s'avère que l'enfant se découvre d'autres motivations, alors on le renie comme on jetterai l'outil défectueux. La pression parentale, les espérances familiales, les espérances de la société et le souci de respecter les clichés, la concurrence entre humains, il y a moult raisons pour "créer" un enfant modèle. Cela crée des problèmes pour qui? Pour l'enfant. L'éternel problème des générations. La politique de la terre brûlée. Comprenne qui veut.
Que pensent ces petites filles ? => Quoi de mieux que cette vie? Elles demandent à être jolie, elles sont miss ! Leurs préoccupations sont celles qu'on leur inculque. La beauté est une de ces préoccupations, superficielle. D'après vous, l'éducation devrait être superficielle, inutile? S'il y a absence d'éducation réelle, que deviendront ces fillettes plus tard? Des femmes à qui on a oublié de préciser que la société est autre chose qu'une somme de préoccupations superficielles. Que deviendront-elles ?
La mère est la source du problème. La famille autour ne la contredira jamais. La fillette non plus, puisqu'on répond à ses attentes, alors pourquoi s'en faire? Irresponsabilité générale. Que pense le père, dans tout ça ?
S'il y a concours à succès, il y a public. Sont-ils nombreux? Une chose que l'on sait, pourtant, c'est que les juges sont souvent les premiers révoltés de ces pratiques sociales, quand ils ne sont pas les organisateurs. Mais bon, comme on dit, tant que ça paye...
De la même façon qu'on donne le désir d'acheter aux jeunes générations par des vitrines aguichantes, on a les miss, les mini-miss et aussi les baby-miss. Enfin, de la même façon qu'un phénomène rentable attise la curiosité et l'avidité, il s'exporte vite. Aujourd'hui, c'est nous qui trinquons.
Chacun a le droit d'organiser sa vie familiale comme il l'entend. Chacun a aussi le droit de dire qu'on la fout en l'air.
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