Enigme Bene Gesserit.
~ Brian Herbert & Kevin J.Anderson, La Maison Corrino ~
J'ai accepté l'idée que j'étais né dans une famille relativement chanceuse, se suffisant des choses et des plaisirs simples de la vie ; j'ai accepté l'idée que d'autres avaient pu naître dans des familles beaucoup moins respectables, qu'ils avaient pu endurer le pire et qu'ils s'en étaient sortis parfois de manière courageuse, parfois de manière dramatique pour eux-mêmes ; j'ai accepté l'idée que certains ont pu connaître le mal comme seule référence et qu'ils ne connaissent rien d'autre ; j'ai accepté l'idée que la prostituée du coin ne puisse avoir le courage ou les moyens de faire autre chose pour assurer sa subsistance, et que le sans-abri du coin ne puisse se relever des épreuves qu'il a enduré ; j'ai accepté l'idée que certains sont en prison, et qu'un nombre d'entre eux souffrent de l'acte qui les a mené là ; j'ai accepté l'idée que certains exercent le métier de leur père, lequel le tenait déjà de son père ; j'ai accepté l'idée que ceux que l'on appelle les « racailles » ne sont que des produits de l'indifférence générale ; et j'ai accepté que d'autres puissent organiser leur vie sur des superficialités, parfois nés dans des familles aisées, aristocrates qui génèrent des aristocrates
Je n'ai pas accepté que cette société s'en foute ; je n'ai pas accepté que pour ces gens en prison, cette société s'en foute. Je n'ai pas accepté que des gens puissent rester de marbre dans un métro, alors que derrière un siège, une fille se fasse violer. Je n'ai pas accepté ces « nouveaux bourges », ces cadres, qui partent en vacances les yeux pleins de suffisance dans des mobilhomes alors que leurs salariés triment ; je n'ai pas accepté qu'on n'abandonne un animal sur le bord de la route, comme on ne fait rien pour proposer une autre vie à la prostituée ; je n'ai pas accepté ces gens nés pour la politique, ayant grandi pour la politique, ne pensant plus qu'à la politique ; je n'ai pas accepté que l'on puisse brandir un drapeau français alors que certains brandissaient la pancarte « grève de la faim ». Je n'ai pas accepté qu'un homme refuse d'aider un autre homme, pour le simple fait qu'il soit différent.
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