Parler de ces gens-là, c'est leur donner une légitimité, un pouvoir, une justification de ce qu'ils ont fait. Ils en retirent le bénéfice de la popularité. Montrer leur tête en gros plan, c'est créer des icônes, des idoles...
Imaginez un instant que nous nous demandions non plus « qui a fait ça », mais « comment et pourquoi cela s'est passé » Est-ce qu'on ne résoudrait pas les problèmes plus rapidement ? Les criminels ne seraient plus des icônes mais des outils dans les mains des legislateurs.. Et portons ce système à plus grande échelle : il n'y aurait plus de « Hitler » dans les livres d'histoire, mais un truc comme « l'homme qui a réussi à se faire élire par le peuple et qui a pu ainsi étendre la guerre dans toute l'europe ». Oublions les noms des tares de l'humanité. Tratons les pour ce qu'elles sont.
Dans la même situation, la fourmi se demande d'abord: « Comment et avec l'aide de qui vais-je pouvoir résoudre ce problème? »
Dans le monde myrmécéen, il n'y a pas la moindre notion de culpabilité.
Il y aura toujours une grande différence entre ceux qui se demandent « pourquoi les choses ne fonctionnent pas » et ceux qui se demandent « comment faire pour qu'elles fonctionnent ».
Pour l'instant le monde humain appartient à ceux qui se demandent « pourquoi », mais un jour viendra où ceux qui se demandent « comment » prendront le pouvoir..."
~ Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (par Bernard Werber) ~
