« Impact sur l'environnement.
Assiette en papier ou porcelaine ?
L'assiette en porcelaine de 300 grammes aura nécessité 3kg d'argile transporté sur environ 1000 km.
Mais en considérant qu'elle peut servir pour 1000 repas, il faut 1000 assiettes en carton pour ce même usage, soit 30kg de bois. L'énergie par repas, contenue dans l'assiette même, est alors de 0,6 MJ pour le papier contre 1MJ pour la porcelaine. Mais si l'on regarde les émissions de CO2, le rapport s'inverse de façon spectaculaire : l'assiette en porcelaine n'en rejette que 1,51 kg tandis que son équivalent en papier (1000 assiettes) en rejette au total 6,9 kg. »
« Résultat ? Alors qu'il faut environ 39 grammes équivalent pétrole (gep) d'énergie pour produire un kilo de yaourt, il en faut jusqu'à trois fois plus pour assurer toute sa logistique. Et le maillon qui, dans cette chaîne, consomme le plus est le dernier : sa vente en magasin. D'abord pour conserver le yaourt dans des présentoirs réfrigérés. Un kilo de yaourt va en effet utiliser de 90 à 95 gep d'électricité (consommation d'autant plus forte, par kilo de yaourt vendu, que le magasin est petit), avant de tomber dans le caddie du transporté jusqu'au domicile. Dans le cas d'un achat en hypermarché, le consommateur dépense donc autant d'énergie pour aller chercher le yaourt qu'il en a fallu pour le produire.
Pour le jean, c'est en revanche l'acheminement du produit vers le magasin qui représente la principale dépense d'énergie. Le coton, récolté par exemple dans les champs ouzbeks, est acheminé d'abord par train (1600 km) jusqu'au port d'Abbas (Iran), puis par bateau (1985 km) jusqu'à Bombay (Inde), d'où il est transporté vers les industries de filature et de tissage de Nagpur (Inde) par train (1127 km). Les fils et tissus prennent ensuite la route, sur 3200 km, vers les industries de confection de Dhaka, au Bangladesh. Les jeans parcourent alors 485 km en train jusqu'au Bangladesh, avant d'être chargés sur un bateau qui les mènera au Havre, en France, via Singapour, pour une « croisière » de plus de 17 000 km. Reste encore à les emporter par barges et camions jusqu'aux entrepôts, avant de les distribuer, enfin, par semi-remorques, dans différents magasins. Soit 27 200 km en tout ! Bilan : plus de 200 gep dépensés par kilo de jean (contre 70 si le coton provient d'Égypte). Auxquels il faut ajouter entre 74 et 90 gep consommés par la mise en rayon, et entre 9 et 38 gep dépensés par le consommateur pour venir l'acheter. À condition qu'il ne revienne pas, bien sûr, le rapporter pour quelques retouches ! »
« Alors, quelle est l'empreinte écologique d'un Terrien ? Elle s'élève en moyenne à 2,2 hectares par personne. C'est-à-dire que chaque habitant de la Terre prélève, en moyenne, les services et ressources renouvelables que peuvent lui fournir 2,2 hectares de terre. Conséquence ? La demande humaine dépasserait d'environ 25% la surface disponible. En clair, l'espèce humaine vit à crédit. Elle consomme chaque année davantage que ce que la nature peut lui fournir en se reconstituant. Formulé encore autrement, il faut un an et trois mois à la terre pour reconstituer ce que nous consommons en une année. L'humanité épuise le stock et ce, depuis la fin des années 1980, notamment à cause de nos émissions de CO2, dont l'empreinte écologique a été multipliée par neuf entre 1961 et 2003 (c'est-à-dire qu'il faut désormais neuf fois plus de surfaces naturelles pour absorber le CO2 émis). »
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