µarce que rien n'est important
(5min)
"Ne comptez pas ce que vous avez perdu
Ne comptez que ce qu'il vous reste."
Sutra zensunni du Premier Ordre
~ Brian Herbert & Kevin J.Anderson, Le Jihad Butlérien ~
Certains font des "collections"; ils accumulent toutes les variétés issues d'un seul et unique objet: cannettes, timbres, capsules, verres, voitures, etc. Certains recherchent l'"objet rare", qui ne se trouve qu'une fois (trop d'"objets rares", et leur maison devient trop "désordonnée" pour les autres humains) Certains se créent un style ; enfin, il y a ceux qui s'approprient des objets parce qu'ils les aiment bien. Même si, en général, ils finiront toujours par ressentir le besoin de montrer aux autres POURQUOI ils les aiment bien et COMMENT ils les ont trouvé. Peut-être espèrent-ils se sentir "puissants" en ayant sous leur empire autant de richesse (ils en deviennent même passionnels) ou briller en société par leur "goût" de l'exotisme, de la rareté, de l'unicité; Peut-être, finalement, que la reconnaissance sociale est plus motivante que le fait de posséder un objet parce qu'on l'aime bien.
"S'attacher à un objet", c'est aussi: enregistrer les films qui passent à la télé, acheter le dernier pantalon à la mode, acheter le dernier ordinateur en date, ramener un souvenir, amener sa valise en voyage, posséder un animal, ressentir de la jalousie envers quelqu'un, s'enrichir.
Cette identification à ses objets est propre à l'être humain. On constate que certains, par opposition, ont une philosophie inverse, et se contentent de peu. Peut-être qu'il faut apprendre à "lâcher-prise" sur tout ce qu'on possède. Quand on possède beaucoup, le risque est grand de tout perdre d'un seul coup. Quand on possède peu et qu'on se désintéresse de ces choses, la perte n'est plus une douleur. Au contraire, c'est une source de changement, une nouvelle expérience, une aide supplémentaire à son développement personnel.
Solution: la manière douce. On se dit qu'on a pas besoin de posséder certains objets. Faire la différence entre vouloir posséder ça et avoir besoin de ça. Supprimer ces choses, et vous les supprimez du coup de vos soucis.
Quand à la manière forte, c'est quand on vous prend tout ce qui vous appartient. Du jour au lendemain, vous pouvez tout perdre. On peut y réagir par des extrêmes: soit on tente de se reconstituer sa richesse, soit on fait le voeu de ne plus connaître une telle douleur et de ne posséder que le minimum.
Vouloir posséder, pour un être humain, est inévitable. C'est comme une drogue, ça fait partie de sa nature. Il devient du coup très dur de concevoir que l'on peut vivre sans possessions. Si vous ne trouvez aucune utilité à cet article, alors c'est peine perdue. Si au contraire, vous comprenez son intention, alors il reste peut-être une chance.