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"La grandeur est une expérience nécessaire. Jamais elle n'est stable. Elle dépend en partie de l'imagination humaine qui crée les mythes. La personne qui connaît la grandeur doit percevoir le mythe qui l'entoure. Elle doit se montrer puissamment ironique. Ainsi, elle se garde de croire en sa propre prétention. En étant ironique, elle peut se mouvoir librement en elle-même. Sans cette qualité, même une grandeur occasionnelle peut détruire un homme."
Extrait de Les dits de Muad'Dib, par la Princesse Irulan.
~ Frank Herbert, Dune ~

Thomas Edward Lawrence.

Né en 1888 dans le Pays de Galles, il est un passioné d'archéologie. Il partira pour quatre ans sur le site archéologique de Karkemish, en Mésopotamie. Amusé en maître de chantier improvisé, c'est l'occasion pour lui d'apprendre les dialectes et la culture arabe, et de se lier d'amitié avec un jeune ânier du nom de Dahoum.

En 1914, la guerre éclate. T.H.Lawrence est d'abord engagé comme sous-lieutenant au service cartographique du ministère de la guerre. Transféré au Caire, il participe à la préparation d'un plan de débarquement à Alexandrette, à l'interrogatoire de prisonniers et à la publication de bulletins d'informations pour l'armée d'Egypte. En 1916, il négocie en compagnie d'une certaine Audrey Hebert la reddition des troupes britanniques encerclées à Kut-Al-Amara. Même si la mission sera vouée à l'échec, Lawrence prend conscience du poids stratégique de la nationalité arabe, peuple par ailleurs soumis à l'Empire Ottoman, et dont l'insurrection pourrait déstabiliser les Turcs. Cette insurrection est obtenue en juin 1916. Le chérif de la Mecque, Hussein, après de longues discussions avec le gouvernement britannique, proclame l'état de guerre de son peuple et forme l'Arab Bureau, auquel se joint T.H.Lawrence.
En octobre 1916, il accompagne Ronald Storrs, l'un des interlocuteurs du cherif Hussein, dans la région du Hedjaz, pour une mission d'évaluation, sur le terrain, de la révolte arabe et de ses chefs. Il rencontre l'Emir Faycal, troisième fils de Hussein, avec qui il se tient en estime. A la demande de l'émir, T.H.Lawrence devient son officier de liaison, mais aussi son espion, diplomate, stratège, et instructeur militaire. Il dresse des attaques contre le train de ravitaillement du Hedjaz, qui alimente l'armée turque à Médine, pour mieux concentrer l'attention des ennemis sur cet endroit. En 1917, il rejoint les forces de Faycal avec celles de Auda Abu Tayi, chef auparavant au service des Trucs. Il organisent ensemble l'attaque du petit port d'Aqaba, qui aura lieu, en une spectaculaire attaque terrestre le 6 juillet. La prise d'Akaba donne à Lawrence une importance militaire qui lui vaudra la confiance du Général de l'armée d'Egypte, Allenby, et des moyens militaires importants. Lors d'une reconnaissance, déguisé, dans la ville de Dara, il est reconnu, capturé puis violé par les Turcs. Il rentre dans Jérusalem libérée, livre une guerre sans-merci aux Turcs qu'il défait à Talifa puis pénètre dans Damas aux côtés de l'émir Faycal en septembre 1918. Élevé au grade de lieutenant-colonel, il rentre en Angleterre.
Mais il ne parviendra jamais à obtenir l'indépendance des Arabes pour laquelle lui et ses compagnons se sont tant battus. Car obéissant à leurs visées expansionnistes, en juillet 1919, les troupes françaises destituent le prince Faycal du gouvernement de Syrie. Cependant, c'est l'arrivée d'un certain Winston Churchill en 1921 au Colonial Office qui vaudra à T.H.Lawrence le poste de conseiller, à Faycal le trône irakien et à son frère Abdallah le trône de la Transjordanie, tout en restant sous l'autorité de l'Empire Britannique. T.H.Lawrence finira pourtant par démissionner en juillet 1922.
Il relatera tous ces faits dans son premier roman, seven pillars of wisdom (1926) qui feront de lui une figure définitivement héroïque. Ces écrits auront par ailleurs une influence importante sur les stratégies insurrectionnelles de cette époque, et deviendra une référence, notamment, par exemple, pour un certain général Vo Nguyen Giap, ennemi principal des Français au Viet-Nam et planificateur de la défaite de Dien Bien Phû.
T.H.Lawrence décédera en 1935 dans un accident de moto. On lui a consacré une statue à la cathédrale de Saint-Paul de Londres.


par J.J.

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# Posté le vendredi 06 juillet 2007 03:27
Modifié le samedi 02 août 2008 15:45

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